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Actualités éclipses
· 6 min de lecture

12 août 2026 : notre prise de l'éclipse à Burgos, du campement à la totalité

Une table dans les champs, un Seestar S50 prêt à suivre le Soleil, puis la totalité. Retour en photos sur cette journée en Espagne, avec un invité inattendu : un avion devant le disque solaire.

La couronne solaire autour de la Lune pendant l’éclipse totale du 12 août 2026, photographiée dans le secteur de Burgos

Il y a les cartes que l’on étudie avant de partir, et puis il y a le moment où l’on pose enfin les sacs. Le 12 août 2026, le rendez-vous avec l’éclipse prend ici la forme d’une table pliante, de quelques fauteuils et d’un horizon ouvert sur les champs espagnols. Rien de spectaculaire dans cette première installation. Pourtant, tout ce qui compte pour la soirée est déjà là : une vue dégagée et le matériel à portée de main.

Ce carnet rassemble les photographies de cette journée et de l’éclipse, prises dans les environs de Burgos et de Madrid et partagées avec Eclipso. Pour bien situer le récit, la totalité se joue dans le secteur de Burgos, à l’intérieur de la bande traversée par l’ombre de la Lune. Madrid même reste en dehors de cette bande : on y observe une éclipse partielle, pas une éclipse totale.

Une journée qui commence dans les champs

Le campement d’observation installé au bord des champs, avec table pliante, fauteuils et valise de matériel

Le campement, avant l’éclipse. Sur la table, la valise du matériel attend son ouverture ; devant les fauteuils, les champs laissent une large vue sur l’horizon.

Cette première photo raconte bien la préparation d’une observation : arriver assez tôt pour ne pas avoir à tout improviser au dernier moment. On sort les chaises, on organise les sacs, on garde de la place pour l’instrument. Le paysage est encore celui d’une journée d’été, avec les chaumes dorés et un ciel bleu presque sans nuages.

L’horizon mérite toute cette attention. En Espagne, ce 12 août, la totalité arrive en soirée alors que le Soleil est déjà bas. Un bon emplacement ne se résume donc pas à être dans la bonne ville. Il faut aussi pouvoir regarder dans la bonne direction sans qu’un relief ou un arbre coupe la vue.

Voitures, table et chaise sur un emplacement d’observation dégagé, sous le Soleil encore haut

Un autre regard sur les préparatifs de la journée : les voitures deviennent les points d’appui d’un petit campement, face à un ciel encore lumineux.

Le Seestar S50 sort de sa valise

Le Seestar S50 sur son petit trépied à côté de la table et des fauteuils, face aux champs

Le Seestar S50 est installé sur son trépied. Le campement tient en quelques objets, mais le poste d’observation est prêt.

Au milieu de cette installation très simple, le Seestar S50 tient presque discrètement sa place. Ce télescope connecté permet de suivre le Soleil et de retrouver son image sur une tablette. Plutôt que de se relayer derrière un oculaire, on peut regarder ensemble ce qui se passe à l’écran et conserver des prises de vue de la progression.

La photo du matériel marque un changement dans la journée. La valise n’est plus fermée sur la table : l’instrument est dehors, sur ses trois pieds. L’attente a désormais un point de mire.

Pour une observation solaire avec un télescope, un filtre adapté à l’instrument doit être placé devant son ouverture pendant les phases partielles. Des lunettes d’éclipse ne remplacent jamais ce filtre.

L’invité que personne n’avait inscrit au programme

Silhouette d’un avion capturée au Seestar S50 devant le disque solaire orangé, avec des taches solaires visibles

Un avion dans le champ du Seestar S50, en silhouette devant le Soleil. Cette prise montre le disque encore entier ; elle ne représente pas la phase totale.

Un avion est passé exactement devant le Soleil pendant une prise au Seestar S50. Sur l’image, on distingue nettement le fuselage, les ailes et la queue, découpés sur le disque orangé. Plus haut, quelques taches solaires donnent encore une autre échelle à la scène.

C’est peut-être la photo la plus inattendue de la série. On prépare une journée pour photographier le passage de la Lune, et l’on revient aussi avec celui d’un avion. Il ne s’agit pas d’un objet près du Soleil, bien sûr, mais d’un alignement dans notre ligne de visée. Il fallait que l’appareil traverse ce tout petit morceau de ciel au moment où le télescope enregistrait.

Ce détail donne au récit quelque chose qu’aucune carte d’éclipse ne pouvait annoncer. À côté des grandes étapes prévues, il y a aussi ces quelques instants que l’on ne commande pas.

Sur la tablette, le Soleil commence à manquer

La tablette affiche l’image du Seestar S50 à 19 h 45, avec une partie du disque solaire masquée par la Lune

L’écran photographié affiche 19 h 45 : la Lune a déjà entamé le disque solaire. L’heure visible est celle de la tablette, pas un horaire de contact valable pour toute l’Espagne.

Cette fois, il n’y a plus de doute : l’éclipse est en cours. Une grande encoche arrondie apparaît sur le bord du Soleil. Sur la tablette, le contraste entre le fond sombre et le disque coloré rend la progression très lisible.

La photo est aussi un souvenir de la façon dont l’éclipse a été vécue. Elle ne montre pas seulement le Soleil ; elle montre l’écran posé au campement, les reflets sur la vitre et le suivi en direct. Entre deux regards vers le paysage, on revient à cette image qui évolue lentement.

La phase partielle laisse le temps de comparer les prises, de regarder la place que gagne la Lune et de réaliser que le grand rendez-vous se rapproche. À l’œil nu, toute cette phase doit être observée avec des lunettes d’éclipse certifiées ISO 12312-2.

Au bord de la totalité, des détails minuscules

Gros plan du bord lunaire avec des points lumineux des grains de Baily et une protubérance rouge

Au voisinage de la totalité, des points lumineux longent le bord de la Lune. Une protubérance rouge se détache au-dessus du limbe.

Le gros plan change complètement notre regard. On ne suit plus seulement deux disques qui se recouvrent. On distingue des détails sur leur bord : des éclats très brillants, une fine ligne rouge, une protubérance qui dépasse.

Les grains de Baily apparaissent lorsque la lumière du Soleil passe encore par les vallées du relief lunaire, au début ou à la fin de la totalité. La Lune ne présente pas un bord parfaitement lisse, et ces petites irrégularités deviennent visibles sous forme de points lumineux. La photographie en garde une trace saisissante.

La totalité, enfin

Image de l’éclipse au voisinage de la totalité avec le disque lunaire noir et un contour lumineux orangé, portant la signature Seestar S50

Une prise signée Seestar S50 et datée du 12 août 2026. Le disque lunaire occupe le centre de l’image, entouré d’un contour lumineux dont la couleur dépend de la prise et de son rendu.

Après les préparatifs, le matériel et la progression suivie sur la tablette, cette image a quelque chose de presque irréel. Le centre est noir. Tout l’intérêt de la photographie se déplace vers le pourtour : les lueurs, les petits reliefs lumineux et cette frontière si nette entre l’ombre et le Soleil.

La photographie de couverture offre un autre rendu de ce moment, avec une couronne claire autour de la Lune. Les différentes prises ne donnent pas toutes les mêmes couleurs ni la même étendue de lumière. L’exposition et le traitement font ressortir des détails différents ; il ne faut pas lire ces teintes comme une reproduction exacte de ce que voit l’œil.

Vue plus large de la totalité du 12 août 2026, avec le disque sombre de la Lune entouré de la lumière de la couronne solaire

Une vue plus large laisse davantage de place à la couronne solaire autour du disque lunaire.

Ce cadrage plus large complète les gros plans. Il remet un peu de ciel autour du phénomène et rappelle que le moment ne se résume pas à un détail sur un écran. C’est le même Soleil qui éclairait les fauteuils et les champs quelques heures auparavant, devenu un disque sombre entouré de lumière.

Dans la bande de totalité, les lunettes ne peuvent être retirées que pendant l’occultation complète du Soleil. Dès qu’un point lumineux du disque solaire est visible, elles doivent être remises immédiatement. En dehors de cette bande, notamment à Madrid même, elles restent indispensables pendant toute l’éclipse.

Ce que l’on emporte après une journée pareille

En parcourant ces photos dans cet ordre, on retrouve toute la progression : le campement encore tranquille, le télescope installé près de la table, le Soleil sur la tablette, puis les détails du bord lunaire et la totalité. Et, au milieu de ces images attendues, cet avion qui traverse le champ au bon moment.

C’est ce qui rend cette série précieuse. Elle ne montre pas seulement un phénomène astronomique. Elle garde aussi la trace de la journée passée à l’attendre, du matériel utilisé et du lieu choisi pour le voir.

Le prochain rendez-vous sera le 2 août 2027, notamment dans le nord du Maroc et à Tanger. Ces photographies du 12 août donnent déjà envie de recommencer : trouver l’horizon, déplier la table et laisser, cette fois encore, une petite place à l’imprévu.

Crédit photographique : photos personnelles du 12 août 2026 fournies à Eclipso pour ce récit. Les dates présentes dans les noms des fichiers correspondent à leur partage et ne sont pas utilisées comme horaires de prise de vue.

Pour préparer une prochaine observation : le guide Eclipso de l’éclipse de 2027 et les conseils de sécurité de la NASA.

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